Les réflexions du lundi !
- Valéry PLATON

- 19 mai 2025
- 4 min de lecture

La plaisance, et notamment la voile, connaît depuis quelques années un essor important. Chez The French Sailor, nous nous intéressons de près à ces voyageurs qui partent naviguer pour de longues périodes en famille. Les destinations tropicales ont le vent en poupe, et les Antilles françaises commencent à être saturées de voiliers... qui ne font pas toujours que passer.
Les problèmes de pollution et les incivilités sont devenus monnaie courante dans les mouillages-dortoirs des îles françaises des Antilles. Pour les nouveaux plaisanciers, rien d’anormal : ils découvrent ce nouveau monde fantastique. Mais les anciens grondent, et fustigent le manque de discernement apparent de certains navigateurs. Sans parler des communes qui, devant autant de voiliers, se sentent perdues pour ne pas dire un peu envahies. (Nous en parlerons dans un prochain article.)
Comment en est-on arrivés là ? Vaste question, qui trouve parfois ses origines dans le mal-être de la vie française post-COVID. Les Français veulent voir du pays. Les Français veulent leur part de bleu et de soleil, loin des tendances moroses. Alors les bateaux se vendent, et partent. Que ce soit pour un tour de l’Atlantique le temps d’une année sabbatique, ou même pour des voyages sans date de retour.
Le plus surprenant, c’est que ces plaisanciers sont souvent totalement inexpérimentés.
Cela nous amène à une grande question :
Peut-on partir voyager autour du monde sans la moindre expérience ?La réponse est souvent : oui ! Car oui, les plaisanciers des années 2020 nous surprennent par leur audace et leur faculté à se dépasser et à avancer.
Cette audace est-elle basée sur de l’inconscience ?Sans vouloir partir dans de grands discours philosophiques (en fait, un peu si !), il y a forcément une dose d’insouciance lorsque l’on entreprend un tour du monde sans expérience notable. Mais l’audace fait partie du voyage et du jeu ! L’audace et la motivation sont de fantastiques carburants pour réaliser ses rêves et continuer d’avancer, quand d’autres baissent les bras.Mais continuons de philosopher un peu… à quel moment l’audace devient-elle de l’arrogance ? (Sortez un papier et un crayon, vous avez 3 heures !)
Le rôle de la technologie
Rappelez-vous l’arrivée du GPS à bord de nos voiliers !La démocratisation de cette invention a donné accès à la plaisance hauturière à un grand nombre de personnes. De cette technologie ont découlé de nombreuses opportunités commerciales : locations de voiliers, augmentation des ventes de bateaux, développement de nouveaux équipements... Plus…plus… plus… et plus encore… Je dépense donc je suis ! Mais, en parallèle, de moins en moins de places dans les ports, les marinas, et les mouillages.
Mais le marché de la plaisance s’est adapté, et a même été extrêmement inventif pour pallier à ces problèmes. L’exemple des ports à sec est intéressant : ces lieux de stockage ont su évoluer et se développer pour proposer des solutions alternatives face à l’arrivée de tous ces nouveaux bateaux.
Bref, l’inventivité et les nouvelles technologies font désormais partie intégrante de l’horizon de la plaisance. Et une certitude persiste : il faut savoir vivre avec son temps !
Mais la mer et la nature ont cette particularité : elles peuvent vous ramener à l’âge de pierre en un claquement de doigt. Un orage, un éclair, un coup de foudre… et c’est fini : plus d’électricité à bord, plus d’électronique. C’est à ce moment que l’on se rend compte qu’une technologie ne peut pas remplacer un savoir.
Alors oui, les coups de foudre sont rares, mais une panne peut survenir à tout moment.
Ironie de la chose : nous achetons des bateaux pour partir vivre des aventures déconnectées, loin des tracas de la technologie et du monde de la consommation… et, finalement, sans même nous en rendre compte, nous voilà les yeux rivés sur des applications pour faire avancer nos bateaux !
Comment faire avancer un voilier ? Leçon 1, chapitre 1 : vérifier que la batterie de votre smartphone est bien chargée !
Mais ne passe-t-on pas à côté de quelque chose ? N’est-il pas plus sage de connaître les nuages et le vent, plutôt que le fonctionnement de nos chères applications ? La réponse est probablement oui. Mais cela représente une charge mentale importante pour le nouveau plaisancier, qui doit à la fois comprendre la météo, le vent, et les courants… mais aussi maîtriser tous les petits joujoux technologiques du bord.
Alors, revenons à la question fondamentale :
Peut-on voyager autour du monde en voilier sans expérience ?Pas sûr. Non ! Et pourtant… oui, ils le font.
Ce qui nous pousse aujourd’hui à nous poser deux autres questions :
Ne devrait-on pas apprendre de ces nouveaux plaisanciers ?
Devrait-on, comme en Suisse, mettre en place un permis pour naviguer à la voile ?
Je vous laisse débattre de cela dans les commentaires(avec courtoisie et ouverture d’esprit, cela va sans dire !)
Merci de votre attention, merci de participer au début de l’aventure The French Sailor, et n’oubliez pas de vous abonner et de nous suivre sur nos différents réseaux sociaux…
Ça nous aide !
Bonne journée,La rédaction




Bonjour Valéry
Super article !
Effectivement la question se pose sur les compétences de navigation pour nous autres novices. Ça y est notre gladiateur nommé Callimorphos est à l'eau. Après quelques centaines de miles parcourus du haut de notre très faible expérience de la voile, le nez sur les instruments et la technologie, une navigation de nuit et des manœuvres laborieuses dans les ports le constat est là, nous sommes totalement dépendants de nos smartphones et d'internet et plutôt inconscients et insouciants.
On s'est fixé pour objectif de savoir naviguer à l'ancienne d'ici notre départ pour un TDM l'année prochaine. Il faut de l'audace en effet mais sans excès de confiance, parcque les surprises en mer peuvent très mal finir.