Entre Rhum et Goyave : quand la course donne envie de prendre le large
De Saint-Malo aux alizés, la Route du Rhum nourrit bien plus que des ambitions sportives. Elle fait naître des envies de départ et trace une passerelle entre la course au large et la traversée de l’Atlantique en voilier de voyage.
Il y a des courses qui appartiennent au monde du sport. Et puis il y a celles qui finissent par dépasser largement le cadre de la compétition pour entrer dans l’imaginaire collectif. La Route du Rhum est de celles-là. Depuis son premier départ en 1978, elle est devenue bien davantage qu’une course transatlantique en solitaire reliant Saint-Malo à Pointe-à-Pitre. Elle est devenue une histoire, un rendez-vous, une succession de visages, de bateaux, de victoires, de drames et d’exploits qui, tous les quatre ans, viennent rappeler à ceux qui regardent depuis la terre qu’au-delà de l’horizon existe un autre monde.
Pourtant, la Route du Rhum n’a, à première vue, pas grand-chose à voir avec la plaisance. Les bateaux les plus rapides traversent aujourd’hui l’Atlantique en quelques jours, à des vitesses qui dépassent largement celles de la majorité des voiliers de voyage. Les skippers sont préparés à la compétition, les bateaux conçus pour aller vite, et la moindre décision peut avoir des conséquences sur le classement. Le plaisancier, lui, quitte généralement les Canaries ou le Cap-Vert avec une autre ambition : rejoindre les Caraïbes, vivre plusieurs mois au rythme des alizés, regarder le soleil se lever et se coucher sur l’océan et, surtout, arriver avec son bateau et son équipage en bon état.
Deux mondes différents, donc. Et pourtant, entre eux existe un fil invisible. Un fil qui commence peut-être précisément au moment où quelqu’un regarde un départ de la Route du Rhum et se demande, presque malgré lui : « Et moi, est-ce que je pourrais traverser l’Atlantique ? »
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